Concarneau. La sellerie nautique Scamba se rapproche de ses clients

L’équipe de la sellerie Scamba : Stéphanie et Stéphane Aslangul au centre, entourés des sellières Muriel et Christelle, d’Olivier, chargé de la gestion comptable et de David, pour la communication.

Créée en 2003 « à domicile », à Trégunc (Finistère), avant de migrer vers le chantier du Minaouët, puis au centre-ville, la sellerie à 80 % nautique s’installe dans un local de 400 m2 avenue Bielefeld Senne.

D’où ça vient, Scamba ? La sellerie de Stéphane et Stéphanie Aslangul était installée à Trégunc depuis 2003, mais ce nom, on s’en doute, n’a rien de trégunois. Alors quoi ? On pense à la samba. On peut penser aussi, en tirant un peu le nom par les cheveux, à Salammbô, de Flaubert, qu’on l’ait lu ou non…

Dans les deux cas, ça sonne comme une invitation à naviguer, confortablement installé sur des banquettes en tissus, en cuir ou en simili, vers le Brésil ou vers Carthage… Sauf que : pas du tout.

Un acronyme efficace

Scamba, en fait, est un acronyme à l’efficacité redoutable qui annonce la couleur et le programme : Sellerie Cuir Auto Moto Bateau Accessoires. Les amoureux de la poésie repasseront.

Pas d’acrostiche donc, chez Scamba, mais en revanche en cas d’accroc, de tache, de déchirure, de brûlure ou d’envie de changement : c’est là-bas que ça se passe. Et là-bas, c’est ici, avenue Bielefeld Senne, « à une des entrées principales de la ville », dans la zone du Moros.

Créée dans leur sous-sol en 2003 par Stéphane et Stéphanie Aslangul, l’entreprise s’est installée en 2007 aux chantiers nautiques du Minaouët, avant de prendre place dans un local de 270 m2 dans le centre-ville de Trégunc, en 2012.

Muriel, au travail dans le nouvel atelier de la sellerie Scamba. | Audric Guerrazzi

Mais une forte croissance du chiffre d’affaires, qui s’approche maintenant des 200 000 €, imposait d’envisager un autre déménagement, qui a commencé en novembre et s’est concrétisé fin avril, à l’issue du bail commercial à Trégunc.

Les nouveaux locaux, eux, font 400 m2. Surtout : « il y a un seul plateau de travail, explique le gérant, ce qui permet d’éviter les manutentions difficiles ». Et puis c’est aussi sur le passage des professionnels du port : de quoi, il l’espère, leur donner envie de s’arrêter et de passer commande.

Parmi ses clients, 80 % viennent pour de la sellerie nautique, des gens comme Marée Haute, IDB Marine, Piriou ou dernièrement Espace Vag et ses Ikone. De Concarneau, mais aussi d’ailleurs : « de Lorient à Penmarc’h, en passant par Roscoff ». Des gens qui savent à quoi font référence des termes comme « fly-desk », « carré d’équipage », « capote de roof », « biminis », « taud de fermeture », etc.

La liste n’est pas exhaustive et inclut aussi, pour les profanes du nautisme, des sièges pour paniers de side-car, des voiles d’ombrage et des fauteuils de dentistes, de salons de coiffures ou de restaurants…

Un papa pour comptable

Le tout réalisé par les mains de Stéphanie, responsable de l’atelier, mais aussi de Muriel et Christelle, dans une « ambiance familiale » : le terme, souvent galvaudé en entreprise, est de Stéphane Aslangul lui-même, mais quand il interpelle Olivier, le comptable de la boîte, d’un sonore « Papa ! » qui résonne à travers la pièce, on est tenté de le croire…

Christelle, qui travaille sur une coiffe (ou une housse…) en simili cuir pour la Compagnie Océane. | Audric Guerrazzi
 

Impression confirmée quelques minutes plus tard quand un débat passionné naît dans l’atelier pour savoir si Christelle travaille actuellement sur une « coiffe » ou une « housse ». Débat sémantique où tout le monde donna gaiement son avis, et où chacun, en fait, semblait surtout convaincu que l’essentiel n’était pas le nom, mais qu’elle soit bien cousue.